26/04/2018
Mis à jour le : 18/06/2018

Smart city et villes résilientes : enjeux et bénéfices

Par : Le Hub Smart City
Smart city et villes résilientes : enjeux et bénéfices

Inspirée de la science-fiction, la smart city n’est plus une utopie. De nombreuses villes dans le monde utilisent les technologies de l’information et de la communication au service de l’innovation urbaine. Avec pour objectif de garantir une meilleure qualité de vie à leurs habitants.

Depuis quelques années, un autre concept urbain s’impose. Celui de « ville résiliente ». Autrement dit, une ville possédant des capacités à affronter et corriger les effets d’une catastrophe, naturelle ou pas. Quels bénéfices concrets peut-on attendre de ces nouvelles formes urbaines, et quelles applications existent déjà ? À quels enjeux doivent-elles faire face ? 

SMART CITY ET VILLE RÉSILIENTE : DES MODÈLES POUR VIVRE MIEUX

Si la smart city et la ville résiliente répondent à des enjeux différents, elles ont toutes deux un même objectif. Elles dessinent un nouveau modèle urbain, plus apte à répondre aux besoins de notre société, sur les plans économique, social ou environnemental.

Zoom sur les cités intelligentes

Les initiatives se multiplient pour optimiser l’organisation des villes, diminuer leurs coûts d’administration et améliorer le bien-être de leurs habitants. Elles touchent à différents domaines : économie d’énergie, gestion des déchets, mobilité, sécurité…

Dans bien des cas, les smart cities s’appuient sur les objets connectés (c’est pourquoi on les surnomme aussi « villes connectées »). Mais ce n’est pas leur seul champ d’application. Elles s’appuient aussi sur la data, l’innovation technologique, l’initiative citoyenne…

Certaines en sont encore au stade de l’expérimentation, et mènent des actions sur un domaine bien précis. D’autres, plus avancées, travaillent de front sur plusieurs sujets, et notamment sur les liens possibles entre eux.

Quelques exemples de villes connectées et de dispositifs concrets ?

À Chartres, la luminosité des dispositifs d’éclairage varie en fonction de la circulation. Résultat : la consommation d’électricité a diminué de 65% tout en préservant une sécurité maximale des usagers.

Ou encore à Santander, en Espagne, les poubelles de collecte de déchets de la ville sont équipées de capteurs mesurant leur remplissage. L’information est communiquée aux éboueurs en temps réel. Cela permet de réduire les coûts de gestion des déchets (de 15% environ) et d’optimiser les parcours des camions-poubelles (économie de 30 à 60% de temps perdu sur les itinéraires). Au passage, ça assure aux habitants un meilleur environnement visuel et olfactif.

Pour des initiatives plus globales, citons par exemple Séoul, qui a lancé le programme « Sharing City ». Son ambition est de prévenir le gaspillage des ressources, à tous les niveaux. Pour y parvenir, Séoul s’appuie sur une économie collaborative : véhicules partagés, réseaux de prêt entre particuliers, achat et mise en commun de certains équipements (machine à laver, tondeuse à gazon…). Les habitants de la ville apprennent à consommer différemment, tout en renouant des liens communautaires.

On le voit : les smart cities sont un véritable phénomène de société, et sont présentes sur tous les continents.

Et pour les villes résilientes ?

Dans la ville résiliente, l’enjeu n’est plus seulement de faciliter le quotidien des habitants, mais aussi de veiller à diminuer la dangerosité d’un territoire, grâce à l’analyse prédictive. Les données récupérées servent à prévenir des catastrophes, ou y réagir au mieux.

Tout comme la smart city, la ville résiliente s’appuie beaucoup sur des dispositifs connectés permettant de récupérer de l’information. Exploitées sous un angle sécuritaire, les données servent directement les citoyens. La technologie est en fait utilisée comme une aide à la décision.

Des capteurs vont par exemple mesurer le niveau de crue d’une rivière. Et passé un certain seuil, des mesures spéciales (déménagement des populations locales, fermeture d’une route…) sont prises. Un système de vidéosurveillance peut également être envisagé pour réagir au plus vite en cas d’émeutes, agressions, attaques terroristes…

La ville résiliente s’organise pour limiter au mieux les conséquences négatives d’un évènement. Une réflexion est en général menée au niveau des réseaux de transport, des matériaux de construction, de l’habitat et des ressources pour permettre une sécurité optimale à ses habitants.

À Francfort par exemple, des bâtiments situés en bord du Main sont surélevés pour permettre une meilleure résilience aux inondations.

Ou encore au Maroc, pour faire face aux sécheresses récurrentes entrainant des famines, des zones agricoles ont été entièrement repensées. On y favorise les cultures plus résistantes aux conditions locales, et on y a créé des bassins pour retenir au mieux les eaux de pluie.

À Taïwan sinon, une boule d’acier massive (6m de diamètre et 800 tonnes) est installée sur la tour Taipei, plus haut gratte-ciel du monde jusqu’en 2010. Les mouvements de cette boule permettent de contrebalancer les oscillations provoquées par des séismes ou des ouragans, et donc d’assurer une meilleure stabilité à la tour.

Ces initiatives ingénieuses méritent d’être partagées au niveau mondial, pour diminuer le taux de mortalité et d’accidentés liés aux catastrophes. Modèle particulièrement adapté pour les régions à hauts risques (climatiques, géopolitiques, endémiques…), la ville résiliente permet d’imaginer un futur plus sûr.

LA DATA, NERF DE LA GUERRE

Dans les deux cas, ville résiliente ou intelligente, la data est indispensable. C’est autour d’elle que s’organisent de nouveaux territoires urbains prenant en compte les besoins et contraintes de leurs habitants. Tout l’enjeu de ces nouveaux modèles de ville est alors de pouvoir recouper le plus d’informations possible, pour piloter au mieux leur territoire. D’où la nécessité de créer des réseaux mutualisés de données, pour imaginer les villes de demain.

Si on parvient à rassembler suffisamment de données, nos villes pourront être à la fois intelligentes et résilientes. C’est le cas par exemple de la ville de Nice-Sophia Antipolis, 4ème ville intelligente du monde, qui est aussi résiliente. Elle a disséminé des capteurs sur l’ensemble de son territoire et peut ainsi mesurer la qualité de l’air, le niveau de remplissage des conteneurs à ordures, les consommations énergétiques des habitants et entreprises implantées dans la ville, le volume sonore des différents quartiers, le trafic routier, etc. Ces données sont ensuite utilisées pour rendre la ville plus intelligente (ex : un monitoring de l’éclairage public en fonction des besoins a permis de réaliser des économies d’énergie de 10 à 30%) et résiliente (ex : la mesure du volume des pluies permet de prévoir les inondations fréquentes de la Plaine du Var et d’y réagir au mieux, en évacuant les populations en amont).

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