06/07/2018
Mis à jour le : 11/07/2018

Comment optimiser les parcs immobiliers grâce à l’analyse de données ? Vincent Bryant, président de Deepki, répond.

Par : Le Hub Smart City
Vincent Bryant, président de Deepki
Crédit Photo : Deepki

D’où est venue l’idée de créer Deepki ?

Lors du lancement en 2014, le projet Deepki répondait à deux constats. Premièrement, la transition énergétique est un concept populaire, mais qui a du mal à se généraliser. Les gestionnaires de parcs immobiliers ont en effet du mal à mener cette transition dans leurs bâtiments, et ont besoin d’être accompagnés pour mieux gérer leur consommation d’énergie. Deuxièmement, on assiste actuellement à une digitalisation de l’immobilier, avec une multiplication du nombre d’appareils connectés. Certes, nous pouvons aujourd’hui collecter des données toujours plus nombreuses et précises ; néanmoins, l’enjeu n’est plus de rajouter des données, mais d’utiliser mieux celles qui sont déjà à notre disposition.

Comment répondez-vous à ces enjeux ?

Notre plateforme Deepki Ready est une solution SaaS permettant de collecter toutes les données énergétiques d’un bâtiment ou d’un parc immobilier sans installer de compteurs ni mener d’audit. Pour ce faire, la plateforme extrait automatiquement les informations utiles des documents de facturation, des consommations et des rapports de maintenance obtenus auprès des prestataires de nos clients. Après avoir centralisé, nettoyé et fiabilisé les données, elle utilise des modèles statistiques pour détecter les problèmes de consommation et générer des suggestions d’amélioration. Grâce à une levée de fonds fructueuse en juillet 2016, nous avons pu multiplier les efforts en R&D et proposer des services allant au-delà de la consommation d’énergie (eau, maintenance, assurances, télésurveillance, etc.). Nous cherchons à offrir des solutions globales qui fluidifieront toujours plus la gestion des parcs immobiliers et permettront aux gestionnaires de gagner un temps précieux tout en réduisant les charges sur leur patrimoine.

Comment la plateforme de Deepki est-elle capable de mener des analyses de consommation précises sans venir installer de compteurs directement chez le client ?

En se servant des données déjà existantes ! En s’appuyant sur les factures passées et présentes combinées à un ensemble de facteurs extérieurs, la plateforme est capable non seulement de générer des alertes en cas d’anomalie, mais également de suggérer des améliorations en termes d’équipement, de régulation ou tout simplement de conditions de facturation. Ainsi, les données de facturation et de consommation sont toujours contextualisées grâce à des variables telles que la localisation du bâtiment, sa surface, son type d’activité, les conditions météorologiques, ou encore les heures d’ouverture.

« Commençons par utiliser les données existantes, plutôt que d’en accumuler d’autres. »

À l’heure où les controverses à propos des compteurs intelligents Linky sont encore d’actualité, on assiste à un clivage dans les opinions sur l’utilisation des données et à l’expression de réticences vis-à-vis de leur collecte. Quelle est votre position sur les politiques d’open data, ou « données libres » ? Est-ce une atteinte à la vie privée ou aux libertés des individus ?

Certes, les nouveaux compteurs sont plus précis – les compteurs Linky relèvent la consommation par tranches de 30 minutes – et certes, il serait possible de déduire l’activité de certains individus en analysant ces données. Néanmoins, les lois dont nous disposons en France et en Europe protègent efficacement le consommateur contre de telles atteintes à la vie privée ; l’individu reste propriétaire de ses données, et son accord est indispensable pour l’utilisation de ces dernières par des tiers. Ce n’est en revanche pas nécessairement le cas pour des services de fournisseur d’accès à internet ou pour les réseaux sociaux, qui peuvent aisément se déclarer propriétaires des données dans leurs conditions générales d’utilisation.

De manière générale, nous refusons de faire du big data une religion, bien que nous soyons à la pointe de ces technologies appliquées à l’immobilier. Les données brutes, stockées sur un serveur, n’ont pas de valeur ; l’analyse que l’on en fait et les conclusions que l’on en tire, si. Si l’accumulation de données dépasse notre capacité à les traiter et les analyser, alors il deviendra inutile de mesurer toujours plus de choses. C’est pourquoi les villes de demain devront d’abord s’intéresser aux données préexistantes et se demander ce qu’elles pourront en apprendre plutôt que de chercher à acquérir des données toujours plus pointues.

« De manière générale, nous refusons de faire du big data une religion. »

Pour en savoir plus sur Deepki : https://www.deepki.com/

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