23/08/2018
Mis à jour le : 23/08/2018

Interview de Guillaume David, fondateur de la start-up Made In Vote

Par : Le Hub Smart City
Guillaume david
Made In Vote propose aux citadins de s’exprimer sur les commerces qu’ils souhaitent voir s’implanter dans leur quartier via une solution digitale qui permet de récolter des données qualifiées sur leurs besoins. Une manière innovante de confier aux usagers les rênes de la vie urbaine ?
Rencontre avec Guillaume David, le fondateur de cette jeune start-up à la confluence du marketing et de la démocratie participative.

Quel constat est à l’origine de la création de Made In Vote ?

Le déclic est venu du quartier de Paris dans lequel je vis, où le turn-over des commerces est très important : certains ferment au bout de 3 mois ! En interrogeant les habitants, j’ai réalisé que les commerces en question ne correspondaient en rien à leurs besoins. Dans les villes de Province, il est moins question de turn-over que de vacance commerciale persistante. Les commerçants ont peur de s’installer dans les centres-villes car ils ne connaissent pas les besoins des habitants, ils ont peur de se planter.

 

Comment votre start-up, Made In Vote, répond-elle à cette problématique ?

En récoltant des données précises sur les besoins des habitants d’un quartier ou d’une ville, via une campagne de concertation en ligne. Nos campagnes concernent l’implantation de commerces, mais aussi la validation de services de conciergerie dans certains projets de quartiers ou d’immeubles. Nous fonctionnons sur mandat, à la demande de promoteurs qui souhaitent installer des commerces ou des services dans leurs pieds d’immeubles, ou de collectivités qui entendent redynamiser un quartier. Tous ont besoin d’éléments chiffrés solides pour pouvoir dire aux enseignes ou aux commerçants indépendants qu’il y existe un vrai besoin pour ce qu’ils proposent.

 

Comment se déroule une concertation ?

Nous invitons les habitants concernés à répondre à un questionnaire, via des publications sur les réseaux sociaux qui sont ciblées géographiquement. Ensuite, nous analysons les données et les présentons au mandataire de manière lisible et claire. Depuis le lancement de notre solution en 2017 nous avons recueilli les réponses de près de 15 000 personnes, sur une dizaine de campagnes.  Une fois qu’ils ont pris connaissance des résultats, les mandataires identifient les commerces qui correspondent aux besoins constatés.

 

Quelle est la valeur ajoutée de ce mode de concertation par rapport aux méthodes plus classiques, qu’il s’agisse d’études de marché ou de concertations publiques traditionnelles ?

Tout d’abord sa représentativité. Au départ nous craignons que le digital constitue un biais technologique important, notamment pour les habitants les plus âgés, mais finalement non. Notre plateforme est plus accessible que l’habituelle concertation physique, qui se passe souvent en fin d’après-midi et qui rassemble souvent des profils bien spécifiques, parfois particulièrement militants. Avec notre outil, les gens de tout âge répondent en cinq minutes, quand ils le veulent et d’où ils veulent. L’acte de prise de position est facilité, fluidifié.

Ensuite, Made In Vote permet un bien meilleur ciblage des besoins locaux. Cela se traduit notamment par le fait que nous n’obtenons jamais les mêmes résultats d’une campagne à une autre, et qu’à chaque fois les résultats sont éloignés de ce qu’avaient anticipé les mandataires, même s’ils sont experts en implantation commerciale. C’est dû au fait que les études classiques sont basées sur des données macro, comme le trafic de piétons, le pouvoir d’achat… Mais jamais sur les particularismes locaux. 

 

Vous présentez Made In Vote comme une solution de « démocratie commerciale à échelle locale ». En quoi peut-on vraiment parler de processus démocratique, et pas juste d’une autre forme d’étude de marché ?

Made In Vote est un outil de démocratie dans le sens où il permet à tout le monde, touts âges confondus, de s’exprimer sur leurs besoins et leurs envies en termes de services commerciaux locaux – plutôt que de se les faire imposer. C’est une manière pour eux de maîtriser leur quotidien, en quelque sorte, d’être acteur de leur vie dans la ville. 

C’est dans ce sens que vous vous inscrivez dans la logique de la Smart City…

Oui. Et même si on associe souvent Smart City au Big Data, ce qui rend Made In Vote particulièrement smart c’est que les données que nous récupérons sont confiées volontairement par les gens. Leur participation à nos concertations constitue un véritable engagement, ce qui fait que nous récupérons des données particulièrement qualifiées. En plus, au-delà du digital et de la data, cet engagement au moment de la concertation se répercute directement dans la vie locale, une fois les commerces installés : les participants aux campagnes deviennent clients des commerces qu’ils ont choisis, développe un vrai lien avec les commerçants. Cette implication des habitants, comme celle des acteurs politiques locaux, montre que les citoyens ont vraiment envie que leurs villes se dynamisent, se renouvellent enfin.

Tags : smart city

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