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Ville intelligente oui, mais collaborative

Ces dernières années, les Smart Cities ont le vent en poupe, et se développent énormément. Le concept est maintenant connu de tous. Mais ce terme de « Smart City » ne reflète pas une dimension principale : celle de l’humain, et d’une ville collaborative. C’est pourtant une dimension centrale des Smart Cities. Allons voir comment la notion d’humain a pris de l’ampleur et en quoi les Smart Cities sont maintenant davantage des villes collaboratives.

Des actions collaboratives

Une Smart City désigne une ville utilisant les TIC dans le but de perfectionner la qualité de ses services de façon à répondre aux besoins de ses habitants. Ses enjeux ? Il y en a pas mal. Réduire son impact environnemental, améliorer la qualité de l’air, préserver la biodiversité, gérer intelligemment les secteurs clés des transports et de l’énergie…

Pour répondre à ces enjeux, de nombreux acteurs mettent la main à la pâte. Les collectivités et les industriels issus du secteur privé assurent des fonctions d’aménagement du territoire et sont aussi à l’origine de projets concernant l’eau, l’énergie ou encore certaines infrastructures. Ils contribuent également à rendre les villes plus smart grâce à l’envoi de données, essentielles pour permettre à la ville d’optimiser sa gestion.

Au-delà de ces deux acteurs majeurs dans l’élaboration d’une smart city, les habitants sont eux aussi mis à contribution. Ils sont intégrés directement dans le processus d’évolution de leur quartier ou même de la ville à grande échelle. Ils sont par exemple amenés à donner leur avis sur l’aménagement de leur ville via des pétitions, des formulaires en ligne ou des applications mobiles.

Inciter les citoyens à participer le plus possible permet de faire en sorte qu’ils se sentent inclus dans la vie de leur ville. Dans une ville collaborative, les avis et recommandations des habitants sont pris en compte et transmis aux autres citoyens et à la municipalité. L'écoute et le respect de leurs avis les encouragent à poursuivre cette démarche positive. En plus, la récupération de données citoyennes permet d’offrir une quantité de services personnalisables et adaptables à chaque situation rencontrée par un habitant. Par exemple, un citoyen peut recevoir des infos sur l’état du trafic routier dans son quartier via une application mobile dédiée. Du coup, il peut estimer le temps qu’il lui faudra pour arriver au travail aujourd’hui.

Concrètement, comment ça marche ?

Pour permettre à la Smart City de devenir une ville collaborative, l’utilisation des nouvelles technologies est essentielle. Des développeurs déploient continuellement des applications innovantes à la portée de tous. Ces applications permettent aux individus de s’impliquer dans la vie de leur ville et d’améliorer leur qualité de vie.

À Nantes par exemple, l’application « Nantes dans ma poche » regroupe des catégories diverses servant un but commun : améliorer la qualité de vie de ses habitants. Unique en France, elle permet au citoyen, depuis son smartphone de signaler tout problème croisé en ville (panne de lampadaire, abribus cassé, panneau tombé etc.). Il est aussi possible de consulter les horaires des transports en commun, se renseigner sur les événements culturels à venir ou encore voir ce que les enfants vont manger à l’école le midi. L’application connait un fort succès. En 2015, elle a été téléchargée plus de 60 000 fois.

Grâce à ce genre de dispositifs, les habitants participent à la création d’une ville nouvelle leur ressemblant.

Créer ensemble une ville nouvelle

Individuellement, les citoyens sont favorables au développement des TICs. Cependant, un enjeu subsiste : permettre à chacun d’apprivoiser les outils numériques.

Pour recueillir un maximum de données, chaque individu, homme et femme de tout âge, personne en situation de handicap, doit être capable d’utiliser les TICs à bon escient. Les applications doivent donc être simples d’utilisation et s’adapter à la population.

L’avènement du smartphone permet de stocker de nombreuses informations : historique des recherches effectuées sur le web, géolocalisation, informations sur les contacts etc. Tout ça permet de cibler les besoins de l’individu, et donc de mieux y répondre.

Et pour permettre à chacun d’avoir accès au maximum d’informations, les villes rivalisent d’ingéniosité.

Dans les rues de Chicago par exemple, des bornes open Hardware ont deux fonctionnalités. D’un côté, elles mesurent la qualité de l’air et de l’autre, elles envoient des informations aux citoyens tout en détectant le nombre de smartphones connectés autour.

À Belgrade, des capteurs sont fixés sur le toit des bus pour envoyer des mesures concernant la qualité de l’air. Dans le même temps, ils informent sur le trafic et indiquent la position des bus aux usagers.

Tout est en réalité une question de prospective urbaine. Les habitants comme la municipalité réfléchissent à la vision qu’ils ont de leur ville de demain, et s’attellent ensemble à lui faire voir le jour.

Conclusion

Petit à petit, la Smart City se transforme fondamentalement en ville collaborative. Chaque habitant participe à l’amélioration de la vie de son quartier ou de sa ville. Ces interactions entre la commune, ses infrastructures et ses citadins s’effectuent grâce aux nouvelles technologies. Les technologies mises en place au cœur des Smart Cities permettent de rendre la ville plus efficace que ce soit en matière de transports en commun, d’aménagements ou même d’actions plus ciblées comme un lampadaire à remplacer dans une rue bien précise.

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